Extrait                                                                             La mascarade           Extrait vidéo                                                         

comédie en 2 actes de Jo Baron

durée approximative : 2 h 15

Les 14, 15, 16, 18, 21 et 22 janvier 2011 par la troupe les Troubadours

de Saint Fort (Mayenne)

 

(Nouveau : ce texte est disponible via le site) "le proscénium"

Une version courte peut être envisagée à votre demande !

Le Théâtre Fayen, de Fay de Bretagne (voir page : Coucou me revoilou !!!) a joué cette pièce en février et mars 2007

 J'y ai assisté le 10 mars, ce fut un réel bonheur !

Après la séance, toute l'équipe a bien voulu poser à mes côtés. Je vous les présente :

(de gauche à droite, debout)

Philippe Pledel (technique décor), Moi même, Ludovic Hervé (technique décor), Pierre Eon (rôle de Bruno), Germain Lefort (rôle de Paulo), André Leduc (rôle de Théo), Samuel Bouligand (rôle de Jo), Patricia Durand (rôle d'Angèle et présidente de l'association), Joël David (technique décor), Liliane Lefort (metteur en scène) et Sébastien Pledel (technique décor).

(De gauche à droite, assis sur le canapé)

Sandra Meignen (rôle de Marcelle), Jean-Yves Joulain (rôle de Joseph), Marie Méraud (rôle de Anne), Chantal Joulain (rôle d'Adélaïde)

 

               Bravo à toute l'équipe qui a eu bien du mérite, car pour la troupe ce fut une création, donc sans aucun repère pour la mise en scène. Trois jeunes recrues ont rejoint l'équipe, et je leur tire mon chapeau d'avoir débuté avec une pièce aussi compliquée. Bref, toute l'équipe a travaillé dur pour un résultat à la hauteur.

 

Le thème de la pièce:

Nous sommes en 2000, Théodore Martin, professeur en biologie se prenant pour un Einstein moderne, a décidé de redonner vie à son épouse, morte il y a 60 ans d’une crise cardiaque. L’ayant mis dans une chambre froide pendant des décennies et ayant profité des progrès technologiques avec la cryoconservation, il espère, grâce à un sérum de son invention, faire ressusciter sa femme. Homme dépourvu de scrupules, sous sa bonne réputation, il a cependant un passé très chargé du temps de l’occupation. Sa femme, ayant resurgi, va compromettre la réputation de Mr Martin ; En effet, elle apprend à Théo, qu’elle prend pour son beau-père, qu’elle est au courant des activités de son mari. Il décide alors de la supprimer avec l’aide de son ami Joseph, lui aussi, au passé douteux. Paulo et Jo, cambrioleurs malchanceux, vont se retrouvés impliqués, eux aussi, dans cette mascarade. Adélaïde, compagne de Théo, va rentrer trop tôt et troubler la mise en scène de Théo. Et si tout ceci n’était qu’un rêve !

Distribution :

9 personnages (dont 2 rôles très courts)

Les personnages :

Théodore Martin dit Théo : Octogénaire peu scrupuleux, antécédents douteux. Biologiste et psychiatre à l’occasion, il a inventé le sérum pour faire revivre sa femme, Anne, décédée soixante plus tôt d’une crise cardiaque.

Anne : Femme de Théo, ressuscitée après 60 ans.

Angèle : Femme de ménage (75ans, gaffeuse).

Joseph : Ancien ami de Théo qui jouera le rôle d’un officier de la gestapo, à l’époque, amant de la femme de Théo.

Adélaïde : Personnage, concubine actuelle de Théo. Elle viendra troubler la mise en scène.

Jo : Cambrioleur malchanceux, assez tombeur.

Paulo : Cambrioleur, niais et trouillard (si possible beaucoup plus petit que Jo) très fan de Louis De Funès et des comédies  burlesques en général.

Marcel : Premier décorateur (rôle très court, au début du premier acte, une trentaine de répliques)

Bruno : Deuxième décorateur (rôle très court, au début du premier acte, une trentaine de répliques)

(à noter que les décorateurs, peuvent être un homme et une femme, ou deux femmes, à condition de changer quelques répliques)

 

Décor :

L’action se passe en 2000, mais le professeur Martin a décidé de transformer sa maison en style 1944, pour ne pas troubler la venue de sa femme, morte d’une crise cardiaque le 5 juin 1944, le jour de l’anniversaire de Théo. L’action se déroule donc dans un salon bourgeois 1944. Téléphone et radio (qui devra diffuser de la musique d’époque et un discours de Charles de Gaulle). Un canapé, un bar et un buffet avec, au minimum, 2 tiroirs et (à droite ou à gauche, en avant scène) un labo (avec un tableau ou seront écrites des formules chimiques). Au fond, sur le mur, une inscription THEO, qui doit être faite avec des lingots.

Extrait vidéo par le

Théâtre Fayen

                                                                

 

La scène finale

 

Extrait :

ACTE 1

Scène 1

(Bruno, Marcel, Théo)

(Pendant la voix off, les personnages devront rester figés et s’animer dès la fin de la voix off)

(Quand le rideau s’ouvre, trois personnes s’occupent d’arranger le salon pour qu’il ressemble au salon que Mme Martin a connu la minute avant sa mort. Théo est dans son labo, en train d'écrire des formules sur son tableau. Pour le moment, les personnages sont figés)

Voix off : Mesdames et messieurs, contrairement au décor que nous vous présentons ce soir, nous sommes en l’année 2000 de notre ère. A droite, dans son labo, le très peu recommandable Théodore Martin, biologiste de pacotille, mais biologiste quand même, termine deux formules qui lui permettront de créer deux potions, une pour le rajeunissement et l’autre pour le vieillissement. Mais Théodore a fait mieux, car il vient d’inventer le nitram, qui est tout simplement l’anagramme de son nom, ce qui prouve évidemment le génie inventif du  personnage. Ce fameux nitram va permettre à son épouse Anne, qu’il a conservé grâce à la cryoconservation pendant soixante années, de la faire revivre ce soir. Ce soir, Mesdames et Messieurs, vous allez vivre un évènement exceptionnel. A gauche, Bruno et Marcel, machinistes et décorateurs dans une troupe de théâtre que vous connaissez bien, fignolent les derniers détails pour réaménager la maison telle qu’elle était le 5 juin 1944. Il est bien évident, que toute ressemblance avec un évènement ou des personnages ayant existé, n’est que pure coïncidence….quoique……. (Les personnages s’animent)

Bruno : (collant un dernier bout de tapisserie)  Faut vraiment être barjo pour se lancer dans un truc pareil. Transformer sa maison façon 1940 pour faire ressusciter sa femme qui est morte depuis soixante ans, ça relève de la folie !

Marcel : Ouais ! Franchement, congeler sa femme, pour la faire revivre soixante ans après, je ne vois vraiment pas l’intérêt. Eh, au cas ou ça marcherait, tu crois qu’avec la différence d’âge, que ça puisse encore marcher.

Bruno : Tu veux dire….sexuellement ?

Marcel : Ben ouais, tu t’imagines ta femme avec soixante balais de plus !

Bruno : Euh, passons, en fait, d’après que c’était une belle poule la femme du vieux, mais enfin quand même, ça m’étonnerait que le vieux prof l’intéresse ! Elle aura sans doute beaucoup de difficultés à le reconnaître et elle n’aura certainement pas envie de consommer avec le vieux !

Marcel : (branchant un fil) Cà c’est sûr que d’un autre côté, si j’avais de la viande pendant soixante ans dans mon congélateur, je n’aurais franchement pas envie de la consommer.

Bruno : Ah, on voit bien que t’es célibataire pour raconter des conneries pareilles ! Quand j'ai une super nana devant moi, je ne lui demande pas son pedigree, je fonce. Tiens, avant de finir, si on se prenait une petite binouse ! (Il sort deux bières de son sac)

Marcel : T’as raison ! (Ils trinquent) Allez à la bonne santé de la future ressuscitée !

Théo : (Dans son labo, écrivant quelques formules sur son tableau) Voyons, bien sûr, si je rajoute y sur c2, le tout divisé par h3, voila voila, ça y est, j’ai ma formule. (Il se tourne vers ses récipients, prend ses lunettes) Tout ceci est d’une simplicité, Théo tu es un petit génie, que dis-je, un grand génie. Allez, il ne me reste juste qu’à mettre une goutte de tryxométylo dans le perclorétizotëine et le tour est joué…. (Le versement doit créer une réaction visible par le public) (Euphorique) Un génie, je suis un génie, dans quelques années, je serai peut-être encore plus célèbre qu’Albert Einstein. Dans chaque ville, une rue portera mon nom. Génial, je suis absolument génial.  Une potion pour le vieillissement, et une pour le rajeunissement, maintenant…. Voyons…voyons ! Il va bien me falloir trouver deux imbéciles pour tester mon produit, en fait de deux imbéciles ! (Il jette un œil  vers le salon) ceux là m’ont très bien l’air de faire l’affaire. (Il se dirige vers les ouvriers)

Théo : Alors messieurs, ça avance ? (Les trois hommes sont gênés avec leur bière à la main)

Bruno : Excusez-nous professeur, mais nous avions soif, on avait apporté des binouses. Encore cinq minutes, professeur et ce sera bon !

Théo : (filou) Voyons, mes amis, si vous aviez soif, il fallait me le dire, j’ai justement quelque chose pour vous, et ce sera certainement meilleur que vos…..

Marcel : Binouses, professeur, des bières si vous voulez, vous savez, c’est le langage du bâtiment

Théo : (regardant une bouteille) Mes pauvres amis, vous appelez ça de la bière, attendez moi là, je vais vous en chercher de la supérieure, asseyez vous, je vous en prie ! (Théo retourne au labo)

Bruno : C’est bizarre, je le trouve plutôt sympathique tout d’un coup !

Marcel : C’est vrai que quand on est arrivé, on ne peut pas dire qu’il était d’un bon goût.

Théo : (rire sardonique) Très bien, très bien, mes deux pigeons vont tomber dans le panneau, je v ais pouvoir tester mes deux nouvelles potions ! (Il sort deux bouteilles de bière et les pose sur le labo, il les débouche) Il me suffit de verser un peu de mes sérums dans chacune des bouteilles et le tour est joué…une simple goutte pourra suffire pour avoir un effet intéressant. (Rires)(Le téléphone sonne, il rebouche les bouteilles mais laisse celles-ci au labo)

Bruno : Franchement, ce Martin m’a l’air complètement déjanté. D’après que les savants finissent tous comme ça. Croire qu’il va pouvoir faire ressusciter sa femme soixante après, faut vraiment que ses neurones soient bien fatigués. (Théo entre en trombe)

Théo : Nom d’une fiole, mais qui donc a branché le téléphone ?

Bruno : Ben c’est moi professeur, j’ai vu le fil qui traînait par terre, je me suis dit que c’était pas normal, alors je l’ai rebranché.

Théo : Mon pauvre écervelé que vous êtes, imaginez que le téléphone sonne, que ma femme réponde et qu’on lui dise au bout du fil, madame, ce sont les produits congelés, avez-vous besoin de quelque chose ? Que voulez-vous qu’elle réponde ? (Il débranche le téléphone)  Bon, les chambres et la salle d’eau sont prêtes ?

Marcel : C’est bon professeur, vous pouvez aller voir 

Théo : Bien… (Sortant une photo de sa poche)  Dîtes-moi, le cadre, si j’en juge la photo, il ne devait pas être  un peu plus haut.

Bruno : Vous croyez ?

Théo : Ecoutez, je vous ai donné une photographie de cette pièce, prise le jour de la mort de ma femme, vous devez absolument la respecter. Elle doit rentrer dans cette pièce dans la même ambiance qu’il y a soixante ans. D’ailleurs, je ne sens pas l’odeur de violette que j’avais demandé. C’était son parfum préféré, elle en mettait tellement que ça cocottait en permanence dans cette pièce.

Marcel : (sortant une bombe) Voilà, c’est prévu ! (Il vaporise) Mais dîtes, pourquoi vous aviez laissé cette inscription, pour la tapisserie, ça n’a pas été simple pour les raccords !

Théo : J’y tenais, c’est un souvenir de ma femme, je m’étais absenté un week-end et au retour, à ma grande surprise, elle avait écrit mon nom sur ce mur. J’avais promis qu’il y resterait jusqu’à ma mort. C’est un souvenir qui m’est très cher.

Marcel : C’est original !

Théo : (auscultant l’ensemble de la pièce) Bien, très bien, je vais aller voir les chambres (il sort)

Bruno : Ah, pour être chiant, qu’est-ce qu’il est chiant !

Marcel : Peut-être, mais il paye bien, n’empêche qu’on attend toujours les binouses !

Bruno : Ouais, il a déjà oublié, ils sont bizarres ces savants.

Marcel : Ouais, en tous les cas, ça l’air de bien payer, quand on voit la baraque. D’après que pendant la guerre, c’était un grand résistant, c’est bizarre, il n’a pas la gueule d’un résistant.

Bruno : Parce que t’en as connu des résistants ?

Marcel : Ben non idiot, mais je trouve qu’il ressemble plus à Al Capone qu’à Jean Moulin.

Bruno : Ouais, c’est pas notre problème, pour la tapisserie c’est bon, (à Marcel) et toi, tu en es où ?

Marcel : C’est bon, les branchements sont terminés. Bon sang, j’ai fait une installation digne d’un film de Steven Spielberg. Faut vraiment être cinglé pour faire des mises en scène pareilles pour une soit disant future ressuscitée ! (Il boit) 

Bruno : (finissant sa bière) En tous les cas, ça ne fait pas de mal ! Même si c’est du bas de gamme ! (Théo entre)

Théo : Pour les chambres et la salle d’eau, ça m’a l’air correct, à part le savon……qui a acheté le savon ?

Marcel : C’est moi professeur ?

Théo : Vous l’avez acheté où ?

Bruno : Au supermarché !

Théo : (sévère) Mais bougre d’idiot, il existait des supermarchés en 1944 ?

Marcel : Ben, j’crois bien que non !

Théo : Alors….vous allez tout de suite m’acheter un savon de Marseille à l’épicerie d’à côté.

Bruno : (consultant sa montre) A cette heure, vous croyez que c’est encore ouvert ?

Théo : Vous sonnez à la porte à côté du magasin et vous dîtes que c’est de ma part !

Bruno : Bien Monsieur ! (Il sort, Théo ausculte la pièce sous l’œil inquiet de Bruno)

Théo : Je vous signale mon cher, que, grâce à votre travail, vous allez participer à un moment historique et cela mérite évidemment une extrême rigueur. (Il continue à ausculter) Vous devez bien comprendre que mettre un savon dont les mérites sont actuellement vantés dans les ridicules spots télévisés, dans une salle de bain ou la propriétaire des lieux est censée vivre en juin 1944, ne peut que compromettre la réussite de mon expérience. Vous savez au moins ce qui va se passer ici ce soir ?

Marcel : Vaguement !

Théo : Comment ça, vaguement…….Mon cher, je vous rappelle que mon expérience va révolter les sciences et aussi les religions, certains soit disants savants vont certainement se retourner dans leur tombe et vont aussi être obligés de revoir toutes leurs thèses sur l’immortalité car, ce soir, je vais prouver que  tout cela n’était que fadaises. Mon cher, ce soir, je vais ressusciter ma femme morte il y a soixante ans, ici même, d’une crise cardiaque.

Marcel : Vous y croyez vraiment ?

Théo : (vexé) Comment çà, si j’y crois, vous ne pensez tout de même pas que si je n’y croyais pas, j’aurais osé dépenser tout cet argent. (Il sort des enveloppes) tenez, c’est pour vous et votre collègue !

Marcel : Merci mais au cas où ça marcherait…

Théo : Comment ça mon vieux, ça va marcher, je suis un génie, pas encore reconnu, mais un génie quand même !

Marcel : Bien, puisque vous êtes un génie, comme vous dîtes, avez-vous pensé à votre cœur ?

Théo : Comment ça, mon cœur ?

Marcel : Si ça marche…excusez-moi, quand elle va ressusciter, vous allez sans doute vivre une très forte émotion et vous n’avez pas peur que votre cœur ne lâche ?

Théo : Voyons, j’y ai pensé 

Marcel : (un brin moqueur) c’est vrai, j’avais oublié, vous êtes un génie !

Théo : J’ai préparé une petite mixture qui ralentira mon cœur avant le moment crucial !

Marcel : Vous pensez vraiment à tout ! (Bruno entre)

Bruno : Voilà votre savon de Marseille ! La patronne du magasin n’était pas très contente, mais quand je lui ai dit que c’était pour vous elle…………

Théo : (à Bruno) Bien, c’est parfait, c’est bien vous qui êtes responsable de la partie technique ?

Bruno : Oui professeur ! Je vais vous faire une démonstration.

Théo : J’y compte bien mais…..nom d’une fiole !

Marcel : Y’a un problème, professeur !

Théo : Ce calendrier posé sur le bureau ?

Bruno : Monsieur, c’est vous qui nous avez demandé de le poser là ! Et alors ?

Théo : Et alors, et alors….j’avais demandé de cocher la date du 7 juin, date de mon anniversaire.

Marcel : Et bien c’est fait, je l’ai fluoré.

Théo : Mais sacrebleu, le fluo n’existait pas en 1944.

Bruno : C’est vrai, excusez-moi, je vais le changer !

Théo : Faîtes vite….alors, (à Bruno) expliquez-moi pour le côté technique.

Marcel : Bien professeur, approchez vers le buffet. Voilà ! J’ai installé deux effets sonores pour recréer l’ambiance de 1944. C’est très simple, tenez, quand vous ouvrez ce petit tiroir comme ceci, évidemment il ne se passe rien, mais par contre, si vous le tirez  à fond…voilà ce que ça donne ! (On entend un bruit de marche aux pas d’une patrouille avec des intonations allemandes)

Théo : Génial, absolument génial, vous savez, quand j’entends cela, cela me rappelle de si bons souvenirs.

Bruno : (surpris de la réflexion) Vous dîtes ?

Théo : (se reprenant) Rien…rien…vous ne pourriez pas comprendre !

Marcel : Ah bon !

Théo : Ensuite, vous avez quoi ?

Bruno : Alors là, c’est le clou, en ouvrant le grand tiroir, toujours à fond, comme ceci, voilà ce que vous avez ! (À ce moment, on entend une sirène d’alerte avec des projecteurs rappelant la DCA)

Théo : Superbe, c’est absolument superbe, on s’y croirait !  C’est vrai que c’est bruyant…bon,  vous pouvez l’arrêter, ça suffit comme ça !

Marcel : Alors là, professeur je suis désolé, mais je ne peux pas, un coup déclenchée, je ne peux plus l’arrêter, (la sirène ralentit, le professeur soupire mais la sirène redémarre) Excusez-moi professeur, mais si vous vouliez que ça fasse vrai, un coup n’aurait pas été suffisant.

Théo : Qu’est-ce que vous dîtes ?

Bruno : (criant dans l'oreille de Théo) Je disais que si vous vouliez que ça fasse vrai, un coup n’aurait pas suffi ! (Ils attendent que la sirène s’arrête)

Théo : Bien, parfait, maintenant vous allez pouvoir prendre congé, je vous …

Bruno : Attendez, encore un détail ! (Il allume le vieux poste radio, et on entend des chansons de l'époque) C’est mon neveu, c’est un as de la technique, il a enregistré toutes les chansons que je lui ai demandées !

Théo : Ce ne sont bien que des chansons d’époque ?

Bruno : Evidemment, je lui ai donné tous les titres, il m’a dit, avec Internet, pas de problème je vais arranger tout ça. Il a mis une dizaine de chansons en boucle avec un discours du général de Gaule pour faire plus vrai. Tenez, écoutez ! (Il allume la radio. On entend Joséphine Baker qui chante ?)

Théo : Parfait, ça marche comme ça ! (Bruno éteint la radio) messieurs, vous avez fait un excellent travail, vous pouvez aller. (Ils sortent. Théo allume un énorme cigare)  Ma chère Anne, maintenant tu vas pouvoir revenir, je vais bientôt être prêt pour t’accueillir, j’espère que tu ne seras pas trop déçue. Je sais qu’il y a soixante ans, tu ne m’as pas beaucoup aimé, je dirais surtout que tu ne m’as pas compris…. (Ton sévère) mais je te promets qu’au début, tu me remercieras de t’avoir ramenée à la vie et ensuite, et ensuite, hé hé, je vais enfin pouvoir te faire payer les affronts que tu m’as fait subir…alors, a bientôt ma douce ! (Il regarde sa montre) Encore vingt minutes et je vais injecter mon miraculeux nitram à ma chère épouse ! Angèle ! (La  femme de ménage entre)

Scène 2

(Angèle, Théo)

Angèle : Oui Monsieur !

Théo : Pourquoi êtes-vous venue ?

Angèle : Ben, parce que vous m’avez appelée,  monsieur !

Théo : Je vous ai dit cent fois ce matin, que pour l’événement de ce soir, vous vous appellerez Irma. Angèle était le prénom de notre femme de ménage en 1944 !

Angèle : Je sais, c’était moi…

Théo : Mais je vous avais congédié la veille de la mort de Madame.

Angèle : Je sais, même que j’étais pas contente.

Théo : Peu importe, mais en fait, ce soir, vous êtes censée être sa remplaçante, je vous ai pris, vous, malgré votre âge, car c’est vous qui connaissez le mieux ma femme, vous connaissez ses habitudes et vous vous appellerez Irma, c’est bien compris Irma.

Angèle : Oui Monsieur. Mais vous n’avez pas peur qu’elle me reconnaisse ?

Théo : (moqueur, la dévisageant) Alors là, pas de problème, pas de risque, la nature a quelque peu modifié votre anatomie depuis soixante ans, alors je vous le répète, pas de risque qu’elle vous reconnaisse.

Angèle : Par contre, je sais pas si je vais supporter le choc ! Revoir Madame, comme çà, soixante après sa mort, j'ai peur que mon cœur ne résiste pas !

Théo : Allons, allons, imaginez que vous êtes dans une pièce de théâtre, et que tout ceci n’est qu’imaginaire ! Autrement, vous avez bien vérifié que les volets des chambres étaient bloqués.

Angèle : Oui, j’ai vérifié, mais pourquoi faîtes vous tout ça ?

Théo : Mais bon sang, Angèle, vous ne comprenez donc rien à rien ! Pendant toute cette nuit, ma femme doit être coupée du monde extérieur. Je me donne la nuit pour pouvoir lui annoncer la vérité, tout doit se dérouler dans la douceur pour éviter un choc qui pourrait lui être fatal. Bon, vous pouvez aller !

Angèle : Bien monsieur ! (Elle s’en va)

Théo : Angèle !

Angèle : (se retournant) Oui Monsieur !

Théo : Mais bon sang, c’est pas vrai, mais vous êtes bouchée ou quoi ! Vous vous appelez Irma !

Angèle : (s’énervant) Oh écoutez, professeur, c’est embrouillant, je ne m’appelle pas Irma.

Théo : Vous vous y ferez ! Allez, par sécurité, je voudrais qu’on répète votre entrée en scène, vous allez sortir et entrer, faîtes comme si c’était du théâtre, allez…. (Elle sort vers la bibliothèque, Théo sonne)

Angèle : Vous m’avez demandé monsieur !

Théo : (s’adressant à sa femme imaginaire) Ma chérie…

Angèle : Ben monsieur Théo, c’est la première fois que vous m’appelez comme çà !

Théo : Mais c’est pas à vous que je parle, idiote, c’est à ma femme !

Angèle : Ben, elle est où votre femme, elle n’est pas encore ressuscitée !

Théo : Mais bon sang, Angèle, faîtes un effort, je simule votre entrée, c’est du théâtre, vous n’avez jamais fait de théâtre ?

Angèle : Ben si, à l’école, avec les sœurs !

Théo : Imaginez Madame, assise ici, dans le canapé (il s’adresse au canapé) Ma chérie, je ne te l’avais pas dit, mais voila, je te présente notre nouvelle femme de ménage, qui va remplacer cette idiote d’Angèle.

Angèle : Merci !

Théo : Mais bon sang, arrêtez de me compliquer la tâche, c’est simplement pour faire plus vrai (à Angèle) Elle va certainement vous demander votre prénom !

Angèle : Angèle, madame (se reprenant) je m’appelle Irma Madame ! (Découragée) Mais je n’y arriverai jamais !

Théo : Vous devez y arriver, vous n’avez plus que vingt minutes pour vous reprendre. D’autre part, moins vous parlerez et moins vous direz de sottises. Répétez moi de quoi surtout vous ne devez pas parler en présence de Madame !

Angèle : Alors ça, monsieur, je l’ai appris par cœur, alors je ne dois pas parler des émissions de télé, tel que loft story, nice people, la star’ac, de l’internet, de la csg, du rtt, de Johnny Hallyday, de G.W.Bush, de Saddam Hussein, de  mai 68, des 35 heures, de (on peut en ajouter autant qu’on le souhaite)

Théo : Bon, ça va, ça va…allez vous détendre et concentrez-vous ! (On sonne) Allez ouvrir avant de sortir.

Angèle : Comment voulez-vous que je sorte si je ne vais pas ouvrir.

Théo : (excédé) Faîtes entrer, et laissez-nous ! (Joseph entre) Ah, c’est toi, entre, quand à vous, vous pouvez aller (Angèle sort)

Vous aimeriez connaître la suite, alors, il suffit de me le demander!!